La Fédération Régionale des groupements et syndicats Apicoles de Champagne-Ardenne positionne son engagement sur six sujets majeurs que ses membres considèrent indispensables au progrès.

1 - La protection sanitaire des colonies

Cette action implique chaque détenteur de ruches.

Obligation et besoins : C’est la responsabilité de l’éleveur qui a charge de prévention et surveillance; surveillance par lui-même ou avec le concours de collègues avertis;prévention par prises de dispositions techniques, notamment contre les parasites de l’abeille. Engagement de l’apiculteur : Il peut (il devrait) participer aux actions préventives proposées pour l’utilisation de produits homologués et préconisés. Il doit alerter de ses soupçons de maladies peut-être contagieuses et de toutes autres causes de mortalité.

Le partenariat RCA : La Région Champagne-Ardenne apporte son soutien financier à la lutte collective contre le parasite varroas. L’ action est concluante: les résultats obtenus, les adhésions au programme chaque année en progression rapprochent peu à peu de l’objectif d’une couverture totale.

Moyens de la filière: Les questions d’ordre sanitaire et technique sont liées et pratiquement indissociables.

En dépit d’un sérieux travail de contact et d’information, les groupements et associations œuvrant sur ces questions manquent cruellement de moyens appropriés à l’ampleur des problèmes à traiter. Les actions engagées pèsent sur un bénévolat souvent coûteux pour ceux qui l’exerce.Il n’est pas souhaitable de supprimer ces structures locales ou départementales en proximité des producteurs mais leur efficience appelle à la mutualisation régionale de leur fonctionnement.Ce constat implique réflexion.

Fédération au sein ou à côté de la Fraca? Section apicole des GDS d’autres production eux-mêmes en recherche de mutualisation de moyens au sein d’un Pôle Sanitaire Régional?  Statu quo? (Courant 2012 des approches ont été effectuée entre les structures GDS de la Marne)….

Aujourd’hui les fondations d’un PSR sont posées. L’apiculture ne semble pas oubliée dans le schéma puisque la Fraca est invitée à suivre les travaux du conseil d’administration du Pôle.

2 - Formation aux questions sanitaires et techniques

Une approche
– un souci sanitaire par le constat de dépérissements et de mortalités frappant les ruchers,
– une nécessaire motivation à reconstituer le cheptel apiaire,
– une demande de formation et d’information aux méthodes efficaces dans ces domaines.

Un objectif à moyen terme
-Constituer des équipes de personnes-ressources dans les différents savoir-faire de l’élevage et du sanitaire apicole pour ré-engager la vulgarisation

Un bilan prometteur
– Le concours financier apporté par le Conseil Régional a permis l’acquisition ou l’actualisation des connaissances à 102 champ-ardennais.(quarante deux à l’ assistance sanitaire; soixante aux techniques de renouvellement des ruches et d’élevage de reines).
-La mise en place sur cinq sessions a été un succès tant par le recrutement que par la participation des stagiaires et l’apport de formateurs de l’Afsa et de l’Anercea. Ce résultat encourage à poursuivre en direction de ce type de formations techniques de proximité…
– Les priorités en ce domaine de la formation restent l’assistance sanitaire, la conduite du cheptel, son renouvellement et son développement.: des formations qui préalables à l’œuvre de pollinisation.
– Ce type de formation qui éveille et forge les compétences est principal atout pour la vulgarisation de techniques.

Motivation de l’appel à l’aide de la Région.
Les différents Fonds d’Assurance Formation y compris ceux du secteur agricole, notamment VIVEA – celui dans lequel serait normalement classée l’activité apicole – réservent légitimement leurs fonds à leurs ressortissants-cotisants à temps plein ou activité principale.
L’activité apicole étant notoirement exercée en seconde activité et le plus souvent à temps partiel l’option du recours à plusieurs fonds rendrait pratiquement ingérable, long et coûteux un dossier administratif de ce type.
Le sujet de la formation et les difficultés de mise en place de sessions appropriées a été évoquée lors de l’assemblée générale FRACA dès 2006. La participation en direct de la Région dans le domaine de la formation professionnelle des apiculteurs est alors apparue comme une solution adaptée à la situation…

… Puisse la Région continuer à soutenir l’effort engagé.

3 - Les abeilles au service de la biodiversité

La mission première, commune à tous les apiculteurs est la pollinisation. En portant sa part d’effort et d’engagement, chaque apiculteur, doit être en mesure d’intégrer et tirer juste avantage du développement de l’activité apiaire… Un développement durable et souhaité, parce qu’il est inhérent à l’importance reconnue des abeilles dans l’écosystème, la chaîne alimentaire et quelques autres services.
C’est pour orienter une part de ce service qu’un dispositif MAEC a été élaboré.
Cette mesure environnementale spécifique à l’apiculture résulte de l’observation de l’appauvrissement de l’entomofaune pollinisatrice dans de nombreuses régions.
L’objectif recherché est de rendre plus importante l’action de l’abeille domestique sur la pollinisation de certaines espèces végétales, en renforçant la présence de ruches dans certaines zones déficitaires en agents pollinisateurs.
La mesure a été appliquée en champagne -Ardenne grâce au volontarisme de la Région. Sa mise en œuvre a été longue à démarrer notamment en raison de CAD encore en cours et du nombre restreint d’éligibles à des critères nationaux pas particulièrement adaptés à la Champagne- Ardenne.

Cet obstacle conduit à quelques observations et propositions visant à lever quelques verrous pour que s’engagent plus d’apiculteurs.

Le zonage clairement défini n’a semble-t-il pas posé de problèmes

Le plancher de 72 colonies élimine une partie des cotisants MSA
proposition: – abaisser à 50 colonies
– ouvrir la mesure aux «ententes circonstancielles» d’apiculteurs agissant en commun dont l’un au moins (leader) serait assujetti msa

Le minimum de 24 colonies par rucher ne correspond pas aux habitudes locales proposition: retenir 20 colonies ce qui rapproche des 15/20 habituelles

La durée minimale de 3 semaines est concevable

La distance imposée entre ruchers – simple observation: Vu les zones d’occupation visées semble inutile

La Condition d’âge
proposition: elle ne devrait pas être inférieure à l’âge légal requis pour la retraite et appréciée lors du dépôt de la demande MAEC. Cela pour ne pas pénaliser les jeunes retraités poursuivant une activité apicole.

En somme,
pour qu’elle réponde davantage à son objectif de pollinisation par des abeilles supplétives, la MAEC gagnerait tout simplement en efficacité :
– par à une certaine modération de ses critères quantitatifs d’éligibilité,
– par une adaptation régionale de ces critères.

4 - Partout une biodiversité nutritive pour les abeilles

Qu’il s’agisse d’actions volontaires ou de conditions réglementaires nouvelles, la demande des apiculteurs se rapporte au même souci: élargir le bol alimentaire de l’abeille.

(a) Le travail d’exploration et d’expérimentation dit Symbiose soutenu par la Région et porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle et le Réseau Biodiversité pour les Abeilles est entré en phase de concrétisation.

(b) La plupart des acteurs de la bio-diversité rassemblés pour un partenariat au sein de l’Association Symbiose s’attachent à tester des actions-témoins susceptibles d’améliorer et servir la bio-diversité. Déjà représentés au sein du RBA les apiculteurs de la région sont aussi présents à Symbiose.

(c) Au niveau national et européen se préparent des directives à objet environnemental dont celles relatives aux MAEC. On espère qu’elles laisseront une part d’initiative et d’adaptation aux régions et acteurs locaux.

(d) Tout aménagement visant à proposer plus de bio-diversité devrait comporter dans son «cahier des charges» l’apport d’un plus significatif au dynamisme des pollinisateurs.

A titre d’ exemple, citons la plantation au pied des pylônes, de buissons et arbustes à fleurs connues pour leur richesse en pollen et nectar; (même démarche pour les éoliennes ou encore les bouchons-refuges destinés au petit gibier et aux oiseaux.) Les pratiques de ce type, bénéfiques pour l’apiculture seraient d’ailleurs presque neutres en terme de coût pour les aménagements et agencements subventionnés ou relevant de collectivités.

(e) La gestion de la bio-diversité en milieu agricole s’intègre au point (a) mais reste en partie liée aux dispositions édictées par la Pac. Il est toutefois important de relever un fait économique majeur pour notre Région: celui des cultures de luzerne.

La Luzerne est, en Champagne, la moins éphémère des production de grandes cultures car elle peut fleurir trois à quatre fois dans l’année ce qui est profitable aux butineuses et aux apiculteurs qui, aidés par des conditions climatiques favorables, ont l’opportunité de couvrir d’abeilles cette culture considérée particulièrement saine.
Certains apiculteurs n’hésitent pas à considérer qu’ils font partie de la filière luzerne et craignent de disparaître avec elle.

(f) Si la luzerne a un avenir les apiculteurs aussi… c’est pour que cet avenir possible soit meilleur, que sont testées, notamment en (a), des modèles de gestion mellifère des fauchages sans desservir la qualité.

(g) L’enjeu luzerne est important car il devrait assurer une longue présence florale riche d’un nectar apprécié. Un bon volume soutenu devrait permettre permettre de rouvrir sur des bases qualitatives adaptées le dossier appellation….

5 - Modernisation des équipements

Bien qu’il puisse faire généralement long usage, l’équipement en matériel et son renouvellement ont nécessairement un coût, parfois fort alourdi par celui que génèrent les conditions réglementaires attachées à l’aménagement de locaux.
L’État et l’Europe proposent des aides servies par Agrimer,

Projet complémentaire: mettre à l’étude l’intérêt de créer des mielleries à usage commun pour que les apiculteurs disposent de matériels efficaces et les meilleur conditions pour l’extraction des miels.

6 - Image et valorisation des miels de la Champagne-Ardenne

Leur qualité et les spécificités qui pourraient les caractériser font des miels de la Région un produit remarquable-pas-assez-remarqué
car ni protégés, ni assez valorisés…
C’est une lacune que comblerait la définition, la promotion et la déclinaison d’une marque champ-ardennaise, à étudier à partir des caractères spécifiques aux grandes cultures et des spécificités de «pays» et «régions naturelles» de chacun de nos départements….

Accompagner cette démarche n’exclut pas des actions de promotion-témoignage:
–  Tendre à la participation (représentation) aux manifestations locales en RCA.
– Perfectionner et promouvoir le concours des miels de Champagne Ardenne.
– Proposer des séances pratiques sur la présentation et la qualité des produits de la ruche
– Étudier la faisabilité et l’impact promotionnel d’un marché aux miels de la Région

Le tout convergeant vers la promotion d’une apiculture reconnue, solidaire et transparente répartie sur tout le territoire. Le tout pour une ambition raisonnée.

L’orientation définie et les souhaits exprimés portent l’ambition raisonnée de promouvoir une apiculture champ-ardennaise, accessible et répartie sur tout le territoire.

– Reconnue, elle participe d’un développement durable qu’elle demande pour elle-même au sein de paysages riches de grandes cultures, et d’une biodiversité renaissante et reprise en charge par les «opérateurs»du territoire.

– Solidaire et plus transparente, elle a capacité, par la force d’un bénévolat regroupé pour l’essentiel et les soutiens qu’on lui apporte, d’engager des actions incontournables pour un développement sensé de l’apiculture.