En 1970 ils étaient 2 000 à chouchouter quelque 80 000 ruches.
A l’approche du nouveau siècle ils ne sont plus que 1500 pour le même nombre de ruches.
En 2005 ils sont aussi nombreux mais pour moins de 50 000 ruches.
Période 2008-2010 leur nombre tombe à 1300 pour le même nombre de ruches.

En 2015, les déclarations de ruches reçues par la DGAL sont les suivantes:

  Les praticiens de l’art apiaire vieillissent et s’inquiètent de la relève

Quelle est leur manière de vivre l’apiculture ? Quelle est leur place?

Quelques apiculteurs ont fait le choix d’en faire leur seul métier,
D’autres, en plus grand nombre, ambitionnent en tirer un revenu complémentaire à leur profession principale ou à leur retraite
D’autres enfin, en font une occupation passionnée souvent riche d’expérience

Tous ont conscience commune de servir l’intérêt général de la pollinisation.

Tous gèrent leurs productions avec les mêmes coûts et les mêmes contraintes,
Tous supportent le même risque d’une monoculture, singulièrement sujette aux à-coups climatiques et particulièrement irrégulière en résultats économiques.
Tous assument ce risque, mais redoutent la succession d’années négatives.

Et Les plus « amateurs » savent bien que pour quelques uns de leurs collègues le risque «mauvaise année» peut atteindre gravement leur revenu.

Il semble qu’ils n’aient pas tous le même traitement fiscal et social . Est-ce vrai?

En apparence, c’est exact mais plutôt assez juste en terme de proportionnalité:
Tous, paient les taxes sur leurs achats de fournitures apicoles
Tous, depuis le 1er janvier 2016, ont leur revenu apicole imposable.
Tous, au-delà de quarante neuf ruches, sont redevables de cotisations à la MSA
soit en solidarité(#), soit en régime Amexa (assurance maladie des exploitants agricole de la MSA)
Tous peuvent bénéficier d’actions collectives subventionnées ex: la formation et la lutte c/varroas.

Alors tous le même but, la même cause?

Il n’y a pas, il ne doit pas y avoir motif à oppositions des modèles
Mais réaffirmation constante des complémentarités au sein de la filière,
Pour une « raison d’être » commune: la pollinisation des espèces.
Bien faire le travail et en retirer rémunération, sans exclusive.
En ce sens le développement est l’affaire de tous et pour tous…
Tiré par le dynamisme, sa durabilité implique un partage mesuré et approprié des moyens.
partage aussi des connaissances. Ceux qui savent *font savoir, ceux qui ne savent pas s’informent. (*) exit the «le» péremptoire

On dit l’apiculture divisée et minée par l’individualisme.

« On dit!» voilà bien le média- problème

L’individualisme ronchon? Ça fait tendance, ça se cultive facilement pour au final, de piètres miellées.
Syndiqués à 85% les apiculteurs sont comme les abeilles de la ruche: inquiets, solidaires et réactifs.
La population apicole porte en elle les atouts d’une diversité accessible à une relève attendue.
L’actualisation permanente des compétences, plus de mutualisme, la consolidation sanitaire des ruchers et le déploiement eXtra-Large de la biodiversité devraient engager l’apiculture de la Région Champagne- Ardenne sur la voie d’un développement vraiment durable.
C’est l’orientation majeure portée par la Fédération Régionale Apicole de Champagne-Ardenne.

«Un service vital d’intérêt général» celui de la pollinisation par l’élevage d’abeilles
Le simple énoncé de cette notion ouvre la voie à la saisie des intérêts interdépendants et bien compris de la société, de la production agricole, de l’apiculture domestique.

1. Ce service est la mission première et commune de tous les apiculteurs.
Par la conduite et le suivi de colonies ils veillent à la protection de l’abeille domestique, avant garde pollinisatrice et nourricière de toute la faune entomologique.

2. Comme toute autre, cette mission génère engagement, risque et travail… trois concepts qui valent rémunération, indemnisation, voire aide socio-économique.

– la rémunération résulte essentiellement du faire-valoir des produits de la ruche

– l’indemnisation découle de droits à dédommagement pour préjudices ou frais subis,

– l’aide économique ou sociale vise à inciter ou orienter les efforts demandés.

Le constat posé en préambule permet une approche objective de la «stratification professionnelle» des apiculteurs.

Il serait tentant d’en déduire que la diversité des situations ne peut qu’opposer les apiculteurs. Hâtive conclusion, car les complémentarités et causes communes lient de fait toutes les composantes de ce qu’il faudrait bien appeler la filière picole.

La diversité n’est pas et n’a pas a être, cause de division. L’apiculture souffre tout simplement des excès de son instrumentalisation comme vecteur médiatique au profit d’intérêts externes au métier, se révèlent, dans les faits et dans la durée, beaucoup plus destructeurs que soutiens objectifs.

Mieux vaut considérer les éléments de cette complémentarité et les actions communes à engager dans les domaines de la santé des colonies, des techniques de production, de la formation et de la vulgarisation, des investissements individuels ou collectifs, de l’accès au métier, de l’occupation du territoire mais aussi, du partenariat avec l’ensemble des acteurs contribuant au développement de la biodiversité.